« Fashion chenille »

Depuis ce week-end dans notre jardin, une chenille se tient au sommet d’une cardère, cette plante que tout le monde appelle bien souvent chardon (mais elle appartient en réalité à une autre famille botanique).

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Difficile de croire qu’un papillon en devenir se cache sous les traits de cette larve hérissée de soies colorées. La noctuelle de la patience ou Cendrée noirâtre n’aura bientôt plus les tons vifs de sa jeunesse : c’est un papillon nocturne en tenue de camouflage.

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Popeye

Ces jours-ci, un petit coléoptère aux reflets vert-métallique broute le pollen des fleurs du verger. Ses « cuisses » de cycliste professionnel, très enflées, sont rigolotes. Son nom bizarre, l’œdemère noble, lui vient justement de cette particularité anatomique qui ressemble à deux « bosses », deux œdèmes que seuls les mâles possèdent.

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Ses larves, des vermisseaux munis de mandibules coupantes, mangent les fibres des vieilles tiges du seneçon jacobée oubliées par la tondeuse. Ça tombe bien, il y en a plein autour de la maison… Leurs fleurs sont d’un joli jaune.

Senecon - David Melbeck

La larve et le gratteron

Les pousses de gaillet gratteron pointent le bout de leurs feuilles dans notre verger. Elles abritent une drôle de créature végétarienne. Assez ronde, boudinée, de la taille d’une fève, la bestiole possède une ventouse en guise de derrière…

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Malgré son aspect extraterrestre, je vous présente la larve bien terrienne du « crache-sang ». Elle se métamorphosera bientôt en une sorte de scarabée de la famille des chrysomèles dont l’unique nourriture est cette plante, le gaillet.

Abeilles des fenêtres

Les osmies, ces petites abeilles solitaires qui bouchent les trous d’évacuation des fenêtres, sont en pleine activité depuis déjà plusieurs semaines. Leur métier ? Rassembler suffisamment de pollen dans un petit trou, y pondre un œuf, reboucher avec un mortier de leur fabrication puis recommencer.

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Pratiquement tous les arbres fruitiers du verger sont en fleurs à part quelques pommiers. Le travail des abeilles sauvages et domestiques va féconder chaque pistil et permettre, dans quelques mois, de récolter de savoureux fruits.

megachille - david melbeck

Chatons à foison

Depuis quelques jours déjà, les saules déploient des chatons, qui ne miaulent pas, pour le plus grand bonheur des pollinisateurs. C’est une ressource de pollen et de nectar inespérée à la sortie de l’hiver. Ces grappes de fleurs sans pétale ni corolle permettent aux papillons, aux abeilles et aux bourdons sortis d’hibernation de reprendre des forces.

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Les chatons jaunes chargés de pollen sont mâles tandis que les femelles prennent la forme de chatons verts qu’il n’est pas possible de trouver sur le même arbre. Garçons et filles sont séparés chez le saule, chaque pied est l’un ou l’autre, jamais les deux à la fois.

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Sous la glace

Voici maintenant une semaine qu’il gèle chaque nuit. Le thermomètre est descendu jusqu’à – 6 °C. La mare est recouverte d’une couche de glace presque limpide (pas encore assez épaisse pour y patiner avec les enfants !).

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Aussi incroyable que cela puisse paraître, on voit pourtant des insectes aquatiques vaquer à leurs occupations sous cette masse gelée : notonectes, grands et petits dytiques sont actifs (acilius, gros dytiscus et aussi des micros coléos…).

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Comment respirent-t-ils ? Je ne vois aucune couche d’air sous la glace, quelques petites bulles tout au plus. J’ai lu que certaines espèces étaient capables d’utiliser l’oxygène dissous de l’eau. Peut-être est-ce le cas ici ?

Stop : une chrysope !

Une nouvelle journée s’annonce. Il est l’heure de se lever et d’ouvrir les volets. À peine la fenêtre est-elle entrebâillée qu’une petite bête aux ailes fragiles entre dans la chambre de Camille. Une inoffensive chrysope cherche à s’abriter de l’hiver.

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Sa couleur habituellement verte en été a laissé place à des tons brun-rose. Cette grande amatrice de pucerons ferait mieux de se trouver un endroit calme et non chauffé pour attendre le printemps car dans la maison, elle risque d’être active trop fréquemment, épuisant prématurément ses réserves. Elle doit pourtant hiverner plusieurs mois sans se nourrir. Nous essaierons de la déménager dans la grange…

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Un dernier verre avant la fermeture…

Alors que la plupart des fleurs ont disparu, le lierre, qui surplombe notre terrasse, offre en octobre son abondant nectar aux insectes pollinisateurs. Ses fleurs, qui ne paient pourtant pas de mine, sont les dernières « buvettes » ouvertes avant l’hiver.

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Papillons, abeilles, mouches et ici un mâle de guêpe reconnaissable à ses longues antennes… Nombreux sont les visiteurs qui profitent de cette aubaine pour faire le plein d’énergie avant d’hiverner ou bien de trépasser.

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Le bal des retardataires

Le 10/10/2016 : il est environ 14h00 et l’après-midi est bien ensoleillé. Alors que la première gelée blanche de l’automne a eu lieu le matin même, de jolies libellules rouges survolent une mare de pâture située à 3 ou 4 kilomètres de la maison.

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Elles sont assez nombreuses — une bonne dizaine — et plusieurs volent en tandem ou pondent leurs œufs sous la surface couverte de lentilles d’eau. Quel drôle de ballet aérien ! Le mâle, rouge vif, agrippe la femelle, plus terne, et l’accompagne sur le lieu de ponte. Ce sont des sympetrums qui vivent sans doute leurs dernières heures. Mais leur descendance est assurée : la prochaine génération émergera de l’eau l’été prochain.

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Le dernier chant des sauterelles

Bon d’accord, la sauterelle ne chante pas, elle stridule… Elle frotte ses ailes l’une contre l’autre pour produire un son.

En ce moment, on peut entendre la grande sauterelle verte, perchée le plus souvent dans un arbre, lancer ses stridulations puissantes, audibles d’ordinaire jusqu’à plus de 50 m — une prouesse pour un insecte. Elle a «chanté» tout l’été et ce sont là ses derniers concerts. À la fin du mois d’octobre, notre haie va devenir bien silencieuse.

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D’autres espèces de sauterelles, comme le phanéroptère, sont encore visibles à cette époque de l’année. Pour l’entendre striduler, mieux vaut être à moins d’un mètre de lui ! Voici une femelle en photo : cette sorte de « serpette » qu’elle a au bout de l’abdomen, appelée oviscapte, lui sert à pondre ses œufs. Le mâle n’en possède pas.

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